Communauté "La Poudrière"

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Offices religieux

Une Messe est dite à 18 h le dimanche par Dominique

Le mercredi matin à 7 h par François

 

Réflexion chrétienne...

  ...à propos des 5 objectifs de la Poudrière.

 

INTRODUCTION

Ces 5 points résument à eux seuls le cœur et l’esprit de la communauté.
On les a appelés « objectifs » pour bien se convaincre qu’il s’agit de tendre vers eux sans prétendre y être arrivé. Rien n’est acquis.
Des objectifs, telle une cible pour la flèche.
Au moins sommes-nous d’accord sur le but à atteindre. Celui-ci nous rassemble spirituellement et guide nos choix en tout domaine : dans nos actions et nos réactions ; dans nos comportements, nos travaux, nos loisirs, nos décisions.
Nous ne connaissons pas l’avenir… mais nous savons au moins comment y aller.
Nous vivons ensemble ces objectifs par choix : en cela nous avons besoin les uns des autres.
Chrétien, j’ajoute que j’ai besoin aussi de la force du Christ, de la Lumière de l’Esprit, de l’amour du Père.
Nous le savons, la communauté s’est ouverte à tous dès le début, chrétiens ou non, dans le respect du libre choix de chacune et de chacun. Très tôt, la communauté est devenue pluraliste à tout point de vue : il en va de même pour ses objectifs dans leur expression.
Aussi ai-je cru bon d’évoquer leur origine chrétienne présente dans une appellation exprimée en termes universels :

 

  • PRÉSENCE

 

Pendant ses études théologiques, Père Léon se posait cette question : Par quoi commencer l’annonce de la Bonne Nouvelle ? Comment Jésus a-t-il lui-même répondu à cette question en arrivant chez les hommes il y a 2000 ans ? Par où commencer ? Le long silence de Nazareth fut la réponse. Jésus s’est fondu dans l’humanité. Il l’a observée, étudiée, comprise, assimilée, aimée. Il fut un homme parmi les hommes (en toute chose excepté le péché, précise Saint-Paul) À nous, comme Jésus, d’être des spécialistes de la présence aux hommes, d’être humains avant tout, de cette humanité qu’il est venu diviniser : « comme cette eau se mêle au vin, disons-nous à la messe, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité ». Présents… mais comment ?

Selon quel modèle, quel mobile, quel critère ? « Là… » pour être témoins de l’Amitié elle-même qui, dans sa perfection s’appelle Amour : Dieu-Amour.

Père Léon écrivait, en 1965 : « Beaucoup prirent conscience de la bonté de Dieu et de sa paternité à travers l’accueil et l’amitié qu’ils rencontraient dans la communauté. Cette découverte de Dieu-Père dans l’évangile et l’amitié dans le service fraternel fut le point de départ du rayonnement de la communauté. »
Si le premier vitrail évoque le commencement de la Bonne Nouvelle dans la ville, le dernier en suggérera son aboutissement en chacun, au bout de la route.

 

  • AMITIÉ

 

« On vous reconnaîtra à ce signe :

si vous vous aimez les uns les autres. » ( Jn, 13, 35)

Être présents, oui… mais comment ?
On reconnaît tout de suite une banque et on sait ce qui s’y passe. Les premiers compagnons décidèrent de s’appeler « le commando de l’amitié. » Ce mot est universel, et Jésus l’a trouvé en arrivant mais il l’a vécu à sa manière, celle de son Père, jusqu’à sa perfection.
Le maître verrier, Bernard Tirtiaux, a souligné cette importance par la dimension du cercle de ce deuxième objectif : c’est le plus grand.
Cela fut et reste une caractéristique de la Poudrière : donner la première place à l’amitié et en vivre : faire ce que l’on dit et dire ce que l’on fait.
À condition d’être vrai, transparent, et de se reprendre sans cesse. Il s’agit bien d’un objectif qui, pour qu’on le poursuive, nécessite le pardon et encore le pardon.
« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » … sous-entendu :
« Comme j’ai désiré être, moi aussi, aimé par vous… ». N’est-ce pas le sens de la question de Jésus à Saint-Pierre : « Pierre, m’aimes-tu… ? »
Sans amitié, pas de Poudrière !
Sans amour de réciprocité, pas d’Évangile, pas de Bonne Nouvelle.
Ce n’est pas acquis : encore une fois, c’est un objectif.

 

  • JUSTICE

 

 « Ne savez-vous pas quel est le jeûne qui me plaît, dit le Seigneur Yahwé ? : rompre les liens du joug ; renvoyer libres les opprimés. » (Is. 58, 6).
Regardons la chaîne brisée : ce sont les maillons gris, ceux de l’injustice. Ils sont remplacés par deux autres, de couleur vive, ceux de la justice.
Les quatre oiseaux en plein vol, ne seraient-ils pas ces opprimés libérés ?
Comme il est difficile de faire le lien entre Justice et Amour : les deux sont nécessaires.
Péguy met ces paroles dans la bouche de Dieu : « Marie est pour la miséricorde ; et moi, il faut bien que je sois pour la justice. » (Le Mystère des Saints Innocents)
L’Évangile nous montre qu’ils se sont bien entendus, Père et mère, pour former Leur fils Jésus. Exemple : la parabole des ouvriers de la dernière heure, en Math. 20, 14 : « S’il me plaît de donner à ce dernier venu autant qu’à toi, faut-il que tu sois jaloux parce que je suis bon ? »…Les derniers ne s’en plaindront pas…
Justice… L’homme quel qu’il soit, avant ses diplômes, ses compétences, son âge, sa santé, sa nationalité, ses papiers, l’homme est avant tout un homme.
La justice sans amour n’est pas celle de Dieu.
La communauté, dans son radicalisme, a opté pour l’égalité. L’argent de poche en est une illustration.

 

  • ESPÉRANCE - UTOPIE

 

Le monde changera-il ?

N’est-ce qu’un rêve, une utopie ?
La communauté a opté pour cette utopie, mais avec réalisme : commençons ! N’attendons pas que ça se fasse tout seul. Commençons, petitement certes, à façonner autrement notre monde.
Aux hommes et aux femmes de bonne volonté, Jésus n’est-il pas venu apporter un monde meilleur, un monde nouveau, un monde de paix qu’il appela : le Royaume ? «Le Royaume des cieux est comparable à la plus petite des graines… devenue arbre !»
Jésus ne misa pas sur les apparences classiques du genre «homme fort, roi si possible, tout puissant, général d’armée, riche, influent, sorte de rival de l’Empereur de Rome.»
Non.
Son CV n’encouragerait pas un employeur :
0000 : né dans une mangeoire, de parents très modestes, dans une bourgade … éloignée de la capitale.
0001 : bébé, recherché, condamné à mort : fuite en Égypte.
0003 : vit avec ses parents à Nazareth durant 27 ans, ignoré.
0030 : se met à parler des pauvres qu’il dit « bienheureux », de même que les doux
0032 : Il se dit le Messie, celui qu’on attend. Fils de Dieu ! Il annonce sa mort et sa résurrection.
0033 : trahi par un proche, Judas ; meurt puis ressuscite : quelques-uns de ses amis et quelques femmes y croient.
Et aujourd'hui : les « quelques-uns » sont devenus nombreux ; ils « y » croient toujours.
Beaucoup lui doivent d’être heureux : il s’agit de ces pauvres, des ces humbles, de ces doux dont il parlait. Le Royaume est dans leur cœur. Ils font plus que l’espérer : ils en vivent. Le monde n’est plus comme avant. Jésus a cru en l’homme et lui a transmis son Esprit.
Désormais, l’homme peut croire en l’homme. La cause n’est pas perdue malgré les apparences. C’est dans les cœurs que tout se passe.
Utopie ? Merci aux amis d’y croire avec nous !

 

  • ASCÈSE - FORMATION

 

« Je suis le chemin, la vérité, la vie… », disait Jésus.
Où va le monde ? Où allons-nous ?
La flamme jeune au centre de ce 5ème vitrail invite chacun à nommer à sa manière « son » essentiel, son but ultime dans la vie, ce vers quoi il tend.
Plusieurs chemins y conduisent. Là encore on choisit : la plaine ou la montagne, le chemin facile aux multiples détours, ou l’escalier, droit, raide…
On voudrait que le monde marche droit dans ses politiques économiques, sociales, écologiques…
Oui, encore une fois, commençons sans attendre … : attendre QUOI ?
Abandonner l’accessoire au profit du permanent, l’illusion au profit du solide bien réaliste quoique ténu. Si tu veux un monde juste, commence par être juste toi-même.
Si tu veux que les autres s’aiment et t’aiment, commence par les aimer. Ce serait vraiment utopique de croire que le monde se fera tout seul, sans toi : commence ; forme-toi, « laisse-toi façonner ».
Les sentiers de Nazareth (dont on disait que rien de bon ne pouvait sortir) devinrent le chemin d’Emmaüs, la halte de l’espérance. En route, Jésus, catéchiste merveilleux, forma les deux disciples (dont Cléophas) au réalisme des écritures qui s’accomplissaient sous leurs yeux. Ils comprirent que le chemin du calvaire n’était pas un terminus mais un départ.
Tout joyeux, ils retournèrent à Jérusalem pour l’annoncer aux autres… et nous en sommes.  Alors…en route !


Père Dominique